Acier : l’Europe doit rester ferme face au « Rogue State » américain

Ce jeudi, Donald Trump a annoncé l’imposition de taxes supplémentaires de l’ordre de 25% sur les importations américaines d’acier et de 10% sur les importations d’aluminium. Une décision qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’industrie européenne, particulièrement visée par ces mesures, si l’Union européenne ne réagit pas très vite. En effet, avec des exportations d’acier de 5,3 milliards, l’Union européenne est le premier exportateur d’acier vers les États-Unis très loin devant la Chine qui ne se classe que onzième.

Pour Yannick Jadot, député européen écologiste, vice-président de la Commission du Commerce international, « la décision de Donald Trump d’imposer des taxes très élevées sur les importations d’acier et d’aluminium est injustifiable au regard du droit international. Après l’Accord de Paris sur le climat et l’accord nucléaire avec l’Iran, le Président américain transforme son pays en « rogue state ».

La capacité de l’Union européenne à peser politiquement sur la scène internationale est une nouvelle fois posée. L’Union européenne a une politique commerciale commune mais peine terriblement à bâtir une diplomatie commerciale commune. Trop souvent divisée face à la Chine ou d’autres, elle apparaît au mieux naïve géopolitiquement, au pire incapable de défendre son industrie et ses emplois.

 

Malgré les avancées réalisées lors de la réforme de l’utilisation des instruments de défense commerciale, l’UE doit cette fois démontrer qu’elle peut réagir vite face aux États-Unis. Dès lors, s’il n’est pas possible de trouver une solution dans le cadre de l’OMC, ce qui ne semble pas être la solution la plus probable, l’UE doit utiliser tous les moyens à sa disposition pour protéger son industrie sidérurgique. Sans chercher l’escalade, elle doit engager des rétorsions à la hauteur du préjudice subi.

 

Si l’agression commerciale de Trump est inacceptable, le Président américain pose néanmoins la question légitime de la souveraineté industrielle d’une grande économie. Ce dossier illustre parfaitement le fait que commerce et industrie riment aussi avec politique, souveraineté et sécurité nationale.

 

À cet égard, l’UE continue de manquer dramatiquement d’une politique industrielle. Les nationalismes industriels des 28 États membres sont obsolètes et anachroniques. Depuis des années, face à la crise européenne de la sidérurgie, les écologistes défendent un plan européen de modernisation de nos entreprises pour qu’elles innovent sur les produits et les processus de fabrication, notamment par l’efficacité énergétique et carbone de leur production. Je défends également l’instauration d’un « Buy European Act » dans nos marchés publics qui définissent nos enjeux économiques stratégiques.

 

Face aux politiques commerciales et industrielles agressives des États-Unis et de la Chine, l’UE n’a plus d’autres choix que de bâtir en urgence une politique industrielle commune. Dans l’urgence, défendons avec célérité notre industrie et nos emplois. «