«Bébés sans bras» : des parlementaires demandent des comptes aux autorités sanitaires

La polémique enfle. A la suite de la publication du rapport de Santé publique France au sujet des cas suspects d’enfants nés sans bras ou sans main dans trois départements français, plusieurs parlementaires de différents partis, ainsi que des scientifiques et des représentants d’ONG ont souhaité prendre la parole, ce jeudi matin, dans le bureau du Parlement européen, à Paris, pour notamment dénoncer dans ce dossier la défaillance du système de surveillance sanitaire.

«Pourquoi on ne donne pas de raisons à ces familles ? Pourquoi on ne cherche pas la cause ?» s’insurge l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, à l’initiative de la réunion. Le 4 octobre, l’Agence nationale de santé publique (Santé publique France, SPF) avait conclu à des excès de cas d’«agénésie transverse du membre supérieur», par rapport à la moyenne nationale (1,7 sur 10 000 naissances), en Loire-Atlantique et dans le Morbihan. Mais pas dans l’Ain où, pourtant, sept bébés avec cette même malformation avaient été recensés entre 2009 et 2014. Une analyse statistique jugée incompréhensible notamment par l’épidémiologiste et biostatisticien Jacques Estève, ancien directeur de l’unité de biostatistiques du Centre international de recherche sur le cancer et interrogé le 16 octobre par nos confrères du Monde. Faute de «point commun entre ces mères», aucune étude étiologique n’avait été lancée dans ces départements, SPF arguant au passage que «ça ne sert à rien de lancer des enquêtes tous azimuts».

Une attitude inadmissible pour Michèle Rivasi. «On veut que des investigations soient menées, ainsi qu’une enquête policière de proximité», martèle l’écolo. C’est en tout qu’à ce qu’avait annoncé, le 7 octobre, le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, au micro de RTL : «Nous allons poursuivre les recherches, on ne peut pas accepter sans réagir…» «Pour le moment, rien n’a été enclenché», interpelle-t-elle. A ses côtés, Isabelle et Antoine Grassin, parents de la petite Charlotte, six ans, porteuse d’une agénésie de l’avant-bras gauche. Aujourd’hui domiciliés en Belgique, ils vivaient à Guidel, en Bretagne, à l’époque des faits. «On est là pour porter la parole des familles et exprimer notre indignation vis-à-vis de Santé publique France, assure le père qui s’interroge : Quelles sont les motivations de ce manque de reconnaissance ? Est-ce le déni ou la volonté de cacher quelque chose ?»…

Suite et article complet sur le site de Libération.

> Retrouvez cet article sur le site d'Europe Ecologie au Parlement Européen

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