Biodiversité : n’attendons plus pour interdire les trois insecticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles

Ce mardi 20 mars, le Muséum national d’histoire naturelle et le CNRS  publient deux rapports qui alertent sur un phénomène de « disparition massive » des oiseaux des campagnes françaises, « proche de la catastrophe écologique » (1). Or ces derniers sont victimes du recours intensif à des pesticides qui non seulement détruisent les populations d’insectes mais également empoisonnent directement les oiseaux des champs, qui peuvent s’empoisonner en consommant des semences traitées aux néonicotinoïdes. L’élimination de ces produits chimiques de l’environnement est donc une première étape cruciale, réalisable et efficace pour protéger la santé des pollinisateurs mais plus globalement de la biodiversité et d’écosystèmes qui pâtissent d’un modèle agricole qui nous mène dans le mur.

En mars 2017, la Commission européenne a présenté un plan visant à étendre les restrictions existantes sur trois insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine et thiaméthoxame) en raison des risques qu’ils présentent notamment pour les abeilles. Les écologistes européens ont accueilli favorablement ces propositions visant à interdire toute utilisation (à l’exception des utilisations en serre permanente). Les preuves scientifiques montrent que le maintien de ces insecticides sur le marché est incompréhensible. Mais un an plus tard, les États européens n’ont toujours pas avancé sur cette question. Un vote prévu en décembre avait été annulé prétextant l’attente d’une nouvelle évaluation scientifique d’une agence européenne. Or l‘Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié cette évaluation le 28 février. Elle confirme que les trois produits chimiques menacent à la fois les abeilles domestiques et les abeilles sauvages et que les restrictions imposées en 2013 sont insuffisantes. Dans la foulée, onze États européens ont déjà déclaré publiquement soutenir l’interdiction de ces pesticides, notamment la France, le Royaume-Uni, l’Irlande, la Croatie, la Slovénie, le Luxembourg et Malte. 

La Commission européenne n’a pas mis le vote de l’interdiction à l’agenda du Comité permanent sur les produits phytopharmaceutiques qui se réunit les 22 et 23 mars. Nous avons donc, aux côtés d’une cinquantaine de parlementaires européens, interpellé Jean-Claude Juncker pour que ce vote ait lieu dès cette semaine. 

(1) « Le printemps 2018 s’annonce silencieux dans les campagnes françaises », Muséum national d’Histoire naturelle, 20.03.2018

> Retrouvez cet article sur le site d'Europe Ecologie au Parlement Européen

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