Bure : nous condamnons fermement la répression des opposants

La légitimité de l’industrie nucléaire en France s’est bâtie sur un mensonge : les déchets nucléaires ne seraient jamais un problème grâce aux promesses de la transmutation. Mais 50 ans après le lancement du programme nucléaire français, force est de constater que le seul recyclage que nous savons faire, c’est de transformer des déchets radioactifs dangereux en de nouveaux combustibles encore plus dangereux (le fameux MOx au plutonium).

Alors que les déchets n’ont cessé de s’accumuler au point de faire déborder les piscines de stockage de la Hague, la France se retrouve au pied du mur et cherche à imposer la pire solution: mettre les déchets radioactifs « sous le tapis » d’argile, comme de la poussière qu’on a laissé s’accumuler faute d’avoir produit une énergie propre. Pourtant les retours d’expériences étrangers appellent à la prudence : le fiasco des mines de sel d’Asse en Allemagne comme les deux milliards qu’ont coûté l’explosion d’un seul fût radioactif à Carlsbad aux Etats-Unis démontrent que l’enfouissement en profondeur n’est pas sûr. Pire, l’exemple français de Stocamine démontre que la promesse de la réversibilité du stockage est impossible à tenir. Tant que le risque d’incendie ou le risque d’explosion à l’hydrogène ne seront pas parfaitement maîtrisés, il est urgent de ne pas se précipiter.

Et soutenir la contestation ne nous empêche pas d’être force de proposition, c’est pourquoi nous soutenons la solution la plus pragmatique qui allie réversibilité et sécurité : le stockage en subsurface permet de contrer le risque terroriste tout en s’assurant d’un accès facile en cas d’accident. Le lobby nucléaire a perdu la confiance des Français face aux mensonges et coûts cachés qui rendent la facture insoutenable, il est dangereux d’espérer reconquérir une quelconque légitimité en jetant les déchets radioactifs au fond d’un trou perdu.

Le gouvernement insiste sur le rétablissement du droit, pourtant ce sont les opposants qui jusqu’ici ont permis de le faire respecter, grâce à des recours juridiques exemplaires dont certains sont encore en cours. Nous les soutenons fièrement et dénonçons une stratégie d’intimidation et de répression visant à asphyxier toute opposition, puisque même la Maison de la Résistance à Bure – tout à fait légale – a fait l’objet d’une perquisition. En l’état, la seule chose qui doit être imposée, c’est un moratoire sur ce projet !

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