Conservateurs et Libéraux européens refusent d’interdire les flash-balls et les LBD

Commentant cette décision, Eva JOLY, députée européenne écologiste en charge des négociations sur le texte pour le groupe des Verts au Parlement européen, déclare :

« Nous sommes profondément attachés au droit fondamental à manifester et nous condamnons fermement le recours aux interventions violentes et disproportionnées par les autorités publiques lors de manifestations dans plusieurs États membres. Il nous était toutefois impossible de voter pour le texte porté par la droite européenne, un texte a minima, qui ne tire pas les conséquences des violences survenues.

Ce texte aurait dû être l’occasion de condamner fermement les répressions violentes, de dénoncer l’adoption de lois dangereuses qui restreignent la liberté de réunion, comme en France, et enfin d’interdire au niveau européen les armes du type flash-balls et LBD40, responsables de nombreux blessés voire de morts, comme le demandaient les écologistes. Une interdiction rejetée purement et simplement par les conservateurs et libéraux européens.

Nous souhaitions également que le texte cite nommément les pays concernés comme la France, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne ou encore le Royaume-Uni. Voter un texte sur le droit à manifester et l’usage proportionné de la force sans dénoncer les pays qui, comme la France, entendent limiter drastiquement ce droit et où les manifestants blessés se multiplient, c’est totalement hypocrite, c’est se rendre complice, c’est aussi perdre toute crédibilité vis-à-vis de la communauté internationale. »


Ci-dessous l’intervention de Yannick JADOT lors du débat en plénière sur ce texte :


Plus d’informations :

• Le texte complet déposé par les Verts/ALE reprenant nos demandes est accessible en ligne.

• Le paragraphe 12 de notre texte demandait notamment « l’interdiction du recours à certains types d’armes et dispositifs à létalité réduite, dont, par exemple, les lanceurs de projectiles à impact cinétique tels que le flash-ball ou le LBD 40, les grenades de désencerclement ou les grenades lacrymogènes instantanées telles que le GLI F4 ». Il n’a pas été adopté et ne figure donc pas dans le texte final du Parlement européen.

• Le considérant K de notre texte rappelait par ailleurs que « le 29 janvier 2019, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’est dite inquiète du grand nombre de personnes blessées dans les manifestations en France ou en marge de celles-ci, notamment par des projectiles d’armes dites de défense intermédiaire telles que le lanceur de balles de défense et qu’elle s’est dite préoccupée par le projet de disposition visant à interdire préventivement, par une décision administrative et sans contrôle préalable d’un juge, de prendre part à une manifestation ainsi que par le projet de disposition érigeant en délit la dissimulation volontaire partielle ou totale du visage au sein ou aux abords d’une manifestation ». Il n’a pas non plus été adopté et ne figure donc pas dans le texte final du Parlement européen.

 

> Retrouvez cet article sur le site d'Europe Ecologie au Parlement Européen

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