De sérieuses inquiétudes sur l’État de droit à Malte

Déclaration d’Eva JOLY, Vice-présidente de la Commission d’enquête Panama Papers :

« Le Parlement européen exprime de sérieuses inquiétudes quant à l’état de droit, la démocratie et les droits fondamentaux à Malte. Les enquêtes de Daphne Caruana Galizia ont permis de révéler au grand jour la corruption endémique qui sévit à Malte. Je suis donc ravie que son travail soit honoré par la création d’un « prix européen Daphne Caruana Galizia pour le journalisme d’investigation.

Malheureusement, une culture d’impunité persiste parmi les élites politiques et financières maltaises. Malgré des allégations de corruption et de graves crimes financiers touchant jusqu’aux plus importants membres du gouvernement maltais, la police n’a toujours pas lancé d’enquête. La Commission européenne ne peut pas rester inactive quand l’état de droit est à ce point bafoué par un État membre. La Commission doit engager un dialogue avec le gouvernement maltais afin de s’assurer que la règle de droit et les valeurs européennes sont respectées.

A qui faire confiance lorsque le superviseur des banques et des intermédiaires à Malte est aussi le vice-président de l’agence en charge de promouvoir les investissements dans le pays ?!

Il est embarrassant que les Socialistes et les démocrates du Parlement européen – groupe politique au sein duquel siègent les élus du Parti travailliste maltais dont est issu le Premier ministre Joseph Muscat – n’aient pas souhaité contribuer à une résolution commune. Comme c’est le cas pour les atteintes à l’état de droit en Hongrie, en Roumanie ou en Pologne, il est bien triste de constater que l’appartenance à une famille politique a préséance sur la défense des valeurs européennes. »


L’intervention d’Eva Joly sur ce sujet en plénière à Strasbourg :

> Retrouvez cet article sur le site d'Europe Ecologie au Parlement Européen

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