Emissions de CO2 des voitures : Le climat, les salariés et les consommateurs sortent perdants de ce premier vote !

COMMUNIQUE DE PRESSE – Bruxelles, le 19 mars 2013

Emissions de CO2 des voitures : Le climat, les salariés et les consommateurs sortent perdants de ce premier vote !

La Commission de l’Industrie et de l’Energie (ITRE) du Parlement européen s’est prononcée aujourd’hui sur les propositions de la Commission européenne concernant les modalités de mise en œuvre de la règlementation pour les émissions de CO2 des voitures neuves et des véhicules utilitaires.

Pour Yannick JADOT, député européen, en charge du dossier sur les normes de CO2 des véhicules :

« En alignant leur vote sur les demandes des lobbies automobiles, la majorité des députés de la commission ITRE font un très mauvais calcul. Ce n’est pas seulement le climat qu’ils maltraitent. C’est la perspective d’une industrie automobile ancrée sur le sol européen qu’ils négligent en refusant de corriger les objectifs d’émissions de CO2 pour 2020 et de fixer des objectifs quantifiés pour 2025. L’innovation industrielle en matière d’efficacité énergétique est un élément clé de pérennisation en Europe des équipementiers et des constructeurs, ainsi qu’un formidable levier de compétitivité sur le marché mondial. C’est une occasion perdue d’envoyer un signal fort à une industrie qui se restructure à grands renforts de plans sociaux dans toute l’Europe.

Les automobilistes sont les grands perdants de ce vote : un objectif de 80g de CO2/km en 2020 leur permettrait pourtant d’économiser près de 650 euros par an. De même, en refusant de considérer urgente la révision des cycles de test unanimement considérés comme manipulatoires, c’est une escroquerie de 135 euros de carburant que paie en plus chaque année un conducteur moyen. Rappelons qu’en moyenne, les émissions de CO2 constatées sur les routes sont supérieures de 23% aux émissions annoncées par les constructeurs, c’est inadmissible.

L’économie européenne est également touchée qui continuera d’accroître ses importations de produits pétroliers qui atteignent déjà plus de 500 milliards d’euros par an.

Pire, le système des super-crédits altère gravement la réussite de l’objectif de 95g de CO2/km qui a été fixé pour 2020, subventionne avec excès la mise sur le marché des modèles électriques et compense en parallèle le développement de voitures plus puissantes, plus lourdes, plus polluantes destinées à une minorité d’automobilistes.

Confrontée au quadruple défi de la compétitivité, du climat, des emplois et du pouvoir d’achat, l’industrie automobile choisit l’inaction en matière d’efficacité, privilégie les restructurations brutales et les subventions publiques sans conditionnalités à une stratégie d’innovation et de réponse aux besoins des automobilistes. Il est triste que la majorité de la commission ITRE les suive dans cette impasse. On attend plus de lucidité et de responsabilité de la commission Environnement ».