Evasion fiscale : les autorités politiques et judiciaires s’attaqueront-elles aux vrais coupables ?

Le 6 février, Nicole Briend, militante d’Attac, ancienne proviseure de lycée, sera jugée à Carpentras. Son tort ? Avoir participé, en mars 2016, à une action citoyenne et symbolique de «fauchage de chaises» dans une agence BNP Paribas, la banque française championne de l’évasion fiscale.

Dix-huit mois après les Panama Papers, les Paradise Papers révèlent que l’évasion fiscale des multinationales et des ultra-riches continue de plus belle. La plupart des techniques d’optimisation utilisées dans les Paradise Papers sont légales, même si elles s’apparentent à des abus de droit, et résultent du laisser-faire des gouvernements et des autorités judiciaires. En France, le Conseil constitutionnel a rejeté le reporting public des entreprises multinationales au motif que cette mesure aurait nui à la liberté d’entreprendre. Quant à l’actuel gouvernement, il a censuré un amendement à la loi de moralisation de la vie publique visant à supprimer le «verrou de Bercy», qui permet au ministre du Budget de bloquer les actions judiciaires contre les évadés fiscaux.

Même légale, l’évasion fiscale gonfle les déficits publics et concourt à la dégradation des services publics et de la protection sociale. Plutôt que de supprimer l’impôt sur la fortune, le gouvernement français ferait mieux de lutter sérieusement contre l’évasion fiscale pour rapatrier l’argent des riches. Plutôt que de stigmatiser les pauvres et les chômeurs supposés frauder et creuser «le trou» de la Sécurité sociale, les gouvernements devraient poursuivre les véritables responsables du détournement d’argent public : les cabinets d’affaires et les banques qui organisent l’évasion fiscale, tout comme les ultra-riches et les multinationales qui en profitent pour se soustraire à l’impôt et en sont que trop rarement inquiétés par la justice.

Les citoyen.ne.s subissent une double peine face à l’évasion fiscale. A la fois victimes de ses effets pervers sur les politiques publiques, mais aussi inquiété.e.s et parfois condamné.e.s par la justice lorsqu’ils ou elles dénoncent ce fléau : des journalistes comme Denis Robert (dans l’affaire Clearstream) ou Edouard Perrin (affaire LuxLeaks), des lanceurs d’alerte comme Antoine Deltour et Raphaël Halet (affaire Luxleaks), des militant·e·s comme les faucheurs de chaises Jon Palais (Bizi!) et Florent Compain (Amis de la Terre), etc.

 

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