OMC: des négociations commerciales dans l’impasse

Yannick Jadot est intervenu lors de la session plénière à Strasbourg le 12 septembre 2011 sur les négociations commerciales et l’OMC, notamment le cycle de Doha qui est actuellement dans l’impasse.

OMC : Négociations commerciales internationales… par EurodeputesEE

 

Voici le texte de son intervention :

Yannick Jadot (Verts/ALE). Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, certains d’entre nous étaient à Doha quand nous avons lancé le cycle de Doha. Nous savons bien que, d’une certaine façon, ce cycle était mort-né: il portait dans ses gènes tellement de contradictions qu’il ne pouvait pas aboutir, mais c’est finalement la situation internationale – nous étions juste après le 11 septembre – qui a imposé à tous les pays de signer à Doha.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une crise de confiance de la communauté internationale, mais d’abord d’une crise de la mondialisation, et l’enjeu est bien de ne plus se poser la question du « toujours plus de libéralisation », mais évidemment de se poser celle de la régulation, dans un monde où nous constatons tous aujourd’hui les dégâts de la mondialisation des échanges, que ce soit du point de vue environnemental ou du point de vue social.

De quelle économie l’Europe veut-elle se doter? Comment mettons-nous fin au dumping environnemental, social, fiscal ou monétaire? Comment garantissons-nous le libre exercice de la liberté syndicale partout dans le monde? Comment l’Europe peut-elle conditionner ces échanges à la reconnaissance et à l’exercice de la liberté syndicale? Ce sont là les questions qu’il faut aujourd’hui se poser, que l’Europe doit se poser quand elle s’inscrit dans un cadre multilatéral.

Prenons acte de la fin du cycle de Doha, adoptons un paquet limité, réservé, restreint aux pays les moins avancés mais lançons surtout un processus ambitieux et transparent de réforme de l’Organisation mondiale du commerce, processus qui garantit la participation équitable de toutes les parties prenantes et les intérêts, notamment des pays les plus faibles qui, enfin, subordonne le droit commercial au droit social, au droit environnemental et, évidemment, au droit humain et qui, de fait, affiche bien un agenda multilatéral de régulation qui remet la mondialisation à sa juste place