Pollution de l’air : combien de morts faudra-t-il pour agir ?

48.000 morts prématurées en France ne suffisaient pas? Qu’à cela ne tienne, une étude allemande relève le niveau. La France paierait en réalité à la pollution de l’air le lourd tribut de 67.000 décès prématurés chaque année. Soit près de 184 morts par jour. On aura beau arguer une énième fois que ces 9 millions de morts à l’échelle de la planète (ne) sont (que) prématurées, qu’elles ne viennent grever l’espérance de vie des Français que d’une année et demie en moyenne quand les progrès, notamment de la médecine, l’auront vue progresser de 10 ans depuis les années 1970, ces chiffres nous enseignent deux choses.

  1. Premièrement, que les évaluations dont nous disposons sur le changement climatique et l’impact des pollutions sur notre santé demeurent encore partielles. Le dépassement de seuils écologiques critiques et la combinaison d’effets chimiques « cocktails » sur nos organismes ne révèlent aujourd’hui qu’une partie des bouleversements à venir.
  2. Deuxièmement, il nous faut prendre acte de l’insuffisance des seules normes à nous protéger efficacement contre une pollution dont nul ne peut s’abstraire. A l’instar des poissons qui ne peuvent échapper au cyanure déversé dans une rivière, nous contaminons notre air et bafouons nos propres régulations sans réelle conséquence pour les pollueurs.

Le Dieselgate a révélé les mensonges de Volkswagen et l’ensemble des constructeurs automobiles. Non seulement les normes sont insuffisantes, mais elles ne sont pas respectées et les lobbies industriels s’en font des tricheurs professionnels. Ce faisant, ils foulent au pied l’autorité du législateur européen, auteur de ces normes, et entament également l’action sur le terrain des élus locaux pour protéger la vie de leurs citoyens. Mais la pollution de l’air est aussi un problème d’efficacité énergétique et d’usages. En Ile-de-France, le chauffage au bois assure 4% du chauffage résidentiel mais émet autant de particules fines que le trafic routier (23%).

Enfin, en 2017, les subventions à notre propre empoisonnement aux énergies fossiles atteignaient presque 8 milliards d’euros, soit un tiers du budget réservé à la transition écologique. Combien de morts faudra-t-il? Combien d’asthmes chroniques chez nos enfants, combien d’AVC parmi nos proches et amis? Jusqu’à quand laissera-t-on l’avenir des générations futures en suspens?..

Suite et tribune complète à retrouver sur le site du Journal du dimanche.

> Retrouvez cet article sur le site d'Europe Ecologie au Parlement Européen

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