Présidence du Parlement européen : les masques tombent

Cette élection a mis en lumière une coalition entre les conservateurs du Parti populaire européen (PPE), les socio-démocrates du groupe S&D (dans lequel siègent les député·e·s élu·e·s sur la liste du Parti socialiste) et les libéraux du groupe Renew Europe (dans lequel siègent les député·e·s élu·e·s sur la liste Renaissance – En Marche), avec le soutien actif du groupe nationaliste des Conservateurs et réformistes européens (ECR) dans lequel siègent, notamment, les néo-fascistes italiens de Fratelli di Italia. En effet, le score de madame Metsola correspond – à moins de 30 voix près – au nombre de député·e·s qui composent ces 4 groupes.

Et maintenant ? Reste à élire le bureau du Parlement et, notamment, les 14 vice-présidentes et vice-présidents. Cette élection du bureau de l’institution fait habituellement l’objet d’une répartition entre les groupes politiques, hors extrême droite, en fonction de leur poids électoral. Mais, cette fois, le Yalta de la honte qui fédère cette nouvelle coalition va déboucher sur l’effacement des groupes progressistes qui ont refusé cette coalition, les groupes Verts/ALE et The Left (dans lequel siègent les député·e·s élu·e·s sur la liste de La France insoumise), et permettre l’entrée d’un des groupes d’extrême droite dans le bureau du Parlement, ECR.

Le groupe S&D avait renoncé à bâtir un front progressiste contre l’élection d’une conservatrice à la présidence du Parlement, il a aussi renoncé à une majorité progressiste au Bureau, susceptible de transformer l’institution de l’intérieur.

Quant à Renew Europe, ils ont clairement choisi de s’appuyer sur le PPE et une partie de l’extrême droite européenne pour construire une coalition politique au Parlement.

Socialistes et libéraux contribuent donc à une forme de clarification politique : à l’heure de gouverner au niveau européen, elles et ils se tournent vers la droite et une partie de l’extrême droite. Il est vrai que les exigences des écologistes pour le climat, la transparence, le renforcement du rôle du Parlement et les droits des femmes les auraient sans doute encombrés. Cette élection de la présidence du Parlement européen et de son bureau, qui passe habituellement inaperçue aura, au moins, cette fois, le mérite de faire tomber les masques sur la recomposition politique conservatrice et libérale à l’œuvre en Europe avec Renew Europe à l’initiative et avec la complicité des sociaux-démocrates.

 

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