Glyphosate : les études de Monsanto vont conserver leur mystère

Depuis le début de cette année 2016, quatre eurodéputés écologistes se battent auprès de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour qu’elle publie les études sur lesquelles elle s’est basée pour affirmer en novembre 2015 que le glyphosate, la substance active de l’herbicide le plus vendu au monde, n’est « probablement pas cancérogène ». L’EFSA vient d’annoncer qu’elle publierait lesdites études, mais de manière partielle pour protéger des intérêts commerciaux sensibles.

Réaction de Michèle Rivasi :

« Le 23 novembre dernier, la Cour de Justice de l’UE a rappelé que lorsqu’il s’agit de l’autorisation de pesticides, les documents liés à cette autorisation revêtent un caractère d’intérêt public supérieur.

Nous ne nous satisferons donc pas du titre des études et des annexes que l’EFSA propose de mettre à notre disposition pour comprendre pourquoi elle estime que le glyphosate n’est probablement pas cancérogène. Si l’on veut vraiment comprendre l’intérêt de ces études toujours tenues secrètes et dont l’industrie est propriétaire, nous devons aussi obtenir les méthodes statistiques, les discussions et les conclusions. Or, l’EFSA refuse de nous les transmettre.

Cette mise à disposition partielle est insuffisante et nous allons demander à nouveau à l’EFSA de mettre à disposition toutes les données utiles qui pourraient permettre à des chercheurs indépendants d’analyser les études sur le glyphosate. Si l’Autorité européenne rejette notre demande, nous n’hésiterons pas à aller devant la Cour de Justice de l’UE.

Il y a urgence car, chaque année, 720 000 tonnes de glyphosate sont pulvérisées dans le monde et l’OMS affirme que cette substance est probablement cancérogène. »

> Retrouvez cet article sur le site d'Europe Ecologie au Parlement Européen

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